Friday, February 28, 2014

Η ανάγκη της γραφής


Η ανάγκη της γραφής
N. Lygeros

Ένα ένα σου έσπαζαν τα δάκτυλα
για να μη γράφεις πια.
Τότε εσύ έσκυψες για πρώτη φορά
και ξάφνιασες τους βαρβάρους.
Νόμισαν ότι υπέκυψες
ενώ εσύ υπέγραψες την καταδίκη τους
με το στόμα που δεν είχε πια γλώσσα. 
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Thursday, February 27, 2014

Οι μετέωροι άνθρωποι


Οι μετέωροι άνθρωποι
N. Lygeros

Κοίταζαν πια τη ζωή
με ελαφρότητα
οι μετέωροι άνθρωποι
κάτω από το βάρος μιας γέφυρας
δίχως αναστεναγμούς
κι έβλεπαν το θάνατο
δίχως σταυρό και καρφιά
μα κανείς δεν τους αναγνώρισε
εκτός από το μέλλον
της ανθρωπότητας. 


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L’évangile des justes


L’évangile des justes
N. Lygeros


Avec l’écriture carrée,
les lettres de fer,
la grammaire latine,
l’alphabet d’antan
et le cyrillique,
nous écrirons l’acte
qui accusera la barbarie
d’avoir tué l’humanité.

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Wednesday, February 26, 2014

La question arméno-juive


La question arméno-juive
N. Lygeros


La question arméno-juive en ce qui concerne la reconnaissance du génocide des Arméniens est tout à fait révélatrice de l’affrontement qui existe entre la diaspora et un état. Le second doit faire face à des problèmes qui ne sont pas nécessairement en étroite relation avec l’éthique tandis que la première peut se cantonner sur une problématique des droits de l’homme. Cette différence de positionnement explique les différences comportementales. Sans dire que la part étatique a toujours tort, nous ne pouvons nous empêcher de constater que l’état ne peut donner la cadence. Ecrasé par le poids des considérations d’ordre logistique, il aborde avec peine les difficultés tactiques et les visions stratégiques dans le cadre de la reconnaissance du génocide sont tout simplement hors de sa portée. La question arméno-juive soulève justement ce problème. Pendant de nombreuses années, même des gens de bonne foi, n’ont cessé de critiquer la position juive sur l’holocauste en expliquant que ce dernier fonctionnait comme un monopole. Même si cette critique est tout simplement indécente, il n’en demeure pas moins qu’elle vient de voler en éclats avec la nouvelle position de la diaspora juive en particulier celle du continent américain. Certes certaines mauvaises langues n’ont pas manqué de souligner que les raisons de ce prétendu revirement, étaient seulement internes. Il sera toujours possible d’effectuer ce genre d’interprétations et d’affirmations. Néanmoins, l’important est ailleurs car même si un acte éthique est accompli pour de mauvaises raisons, le fait est qu’il s’accomplit. De plus, les bonnes raisons ne sont pas nécessairement garantes de la qualité éthique d’une action jugée sur son résultat. Dans tous les cas la diaspora juive a créé une rupture cognitive.

Le deuxième point intéressant dans cette question arméno-juive, c’est le comportement de l’état d’Israël face aux pressions exercées par la Turquie. Cette dernière a toujours misé sur un blocage du processus de reconnaissance du génocide des Arméniens, aux Etats-Unis. Et elle a toujours joué la cause israélienne afin de montrer, aux dupes, qu’elle n’appartenait pas strictement au monde musulman. Malgré tout l’élection de son nouveau président sonne manifestement faux et remet en cause cette propagande de polichinelle. La pression sur l’état d’Israël était attendue. Elle correspond d’ailleurs à celle qu’elle effectue aussi sur l’état d’Arménie. La différence essentielle, c’est que l’état d’Israël a l’habitude de gérer des menaces sur l’intégrité de son territoire aussi les pressions diplomatiques ne l’effraient que très peu. La réponse de l’état d’Israël, était elle aussi attendue. Cette fois nous avons un duo qui crée véritablement un double front pour la Turquie. D’un côté, elle a un état qui joue le rôle du gentil et qu’elle craint militairement parlant. De l’autre côté, elle a une diaspora qui joue le rôle du méchant et qu’elle craint en tant que lobby. La question juive en devenant arméno-juive efface la possibilité d’une approche frontale. La Turquie est désormais obligée de jouer avec les deux composantes et cela ne lui facilite pas la tâche. Aussi elle se contente de mettre en exergue le fait que ce sont des raisons internes qui expliquent ce changement d’approche de la reconnaissance du génocide des Arméniens. Cependant le problème persiste malgré cette affirmation car une fenêtre existe désormais malgré la volonté de fermeture de la Sublime Porte et l’accessibilité est maintenant réelle.

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Tuesday, February 25, 2014

Le silence de la faim


Le silence de la faim
N. Lygeros

Assis dans le silence,
la faim dans les entrailles,
l’enfant recherchait le rêve d’antan
pour manger une tartine
et ne pas partir dans l’ailleurs
le ventre vide.
Il mordit ses lèvres,
dévora le silence des hommes
et sombra dans l’oubli. 

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Grains de folie


Grains de folie
N. Lygeros

Nous ne sommes pas morts pour une bouchée de pain.
L’acier sanglant ne la voulait pas pour lui.
Il voulait nettoyer la terre de l’ivraie.
Et nous étions les hommes de trop.
Ainsi nos corps sont devenus l’engrais des grains de folie
et notre mort, le crime contre l’humanité 

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Le survivant du temps


Le survivant du temps
N. Lygeros


Le survivant du temps
attendait calmement son tour.
Personne ne lui laissa sa place
mais il ne se plaignit pas.
Il regardait son cahier
car il ne voulait oublier personne.
Lentement il se dressa
comme un poing silencieux
et il accusa la barbarie
au nom de l’humanité.
Il n’était alors qu’un enfant
mais c’était un survivant.
Il était déjà mort une fois.
Maintenant il serait là. 



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Sunday, February 23, 2014

La condamnation des victimes


La condamnation des victimes
N. Lygeros

Nous étions coupables d’exister.
Nous étions coupables d’avoir faim.
Nos bourreaux découpaient notre vie
en fines tranches pour mieux nous la servir.
Nous étions nés coupables et mourions
victimes de notre culpabilité.
Telles étaient les paroles des bourreaux
et encore aujourd’hui nous les entendons.
Mais maintenant nous savons résister. 

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Saturday, February 22, 2014

Des déplacements massifs au génocide


Des déplacements massifs au génocide
N. Lygeros

Un des problèmes intrinsèques des échanges de population, c’est la notion de déplacement massif. Ceci n’est pas étonnant en soi car elle peut représenter une étape vers le génocide. En effet les déplacements massifs permettent d’une part de manipuler la population déplacée et d’autre part de la mettre en contact avec une autre population qui ne la voit pas de manière positive. La déstabilisation que provoque un déplacement massif sur la population est considérable. Elle perd ses repères non seulement spatiaux mais aussi temporels. Le système lui offre un avenir qui n’est qu’une répétition du présent social en la privant de passé. Cette population doit se reconstruire et intégrer le tissu social d’une autre population pour ne pas subir de phénomène de rejet. Seulement si le déplacement massif a lieu dans des circonstances extrêmes comme le froid pour le génocide des Pontiques ou comme la faim pour le génocide des Ukrainiens, il devient alors véritablement un acte génocidaire. Le système utilisé par le génocideur consiste à augmenter les frictions internes qui apparaissent inexorablement dans la logistique. Cela permet au système d’avoir des effets secondaires dont il n’est pas directement responsable aussi il ne peut facilement être accusé par la suite dans la phase de reconnaissance. Seulement l’analyse du processus génocidaire montre que le déplacement massif est un moyen de restructurer en centralisant les points d’impact. Ainsi les camps d’extermination étaient rendus efficaces par les déplacements massifs. Sans ces derniers, il aurait été tout simplement impossible d’éliminer autant de personnes en si peu de temps. Ainsi le déplacement massif apparaît comme un moyen de rendre systématique une élimination. C’est justement cette propriété qui conduit à la notion de génocide. Il est donc nécessaire de le considérer comme un critère car il peut être employé de manière indirecte. Une façon de faire pour le système consiste à le provoquer via des actes de répression spécifique afin de terroriser la population. Cette méthode a été utilisée le 6 septembre 1955 par le régime turc contre la population grecque de Constantinople, mais aussi au moment de l’invasion turque en 1974, de l’île de Chypre. Même si ces deux cas sont d’une part un pogrom et d’autre part un crime de guerre, ils entrent bien dans un cadre génocidaire. Car malgré la non continuité du phénomène qui permettrait de conduire clairement à la notion de génocide, ce sont des instantanés provoqués dans le même but, à savoir engendrer un déplacement massif qui produit un changement de phase exploitable sur le plan politique. Aussi nous ne devons pas voir dans le déplacement massif une forme raisonnée et raisonnable de résoudre un problème conflictuel. Car cette prétendue résolution n’est qu’une étape critique.

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Sur la rhétorique turque


Sur la rhétorique turque
N. Lygeros

Nous savons tous que la Turquie est un pays civilisé puisqu’elle n’a pas commis de génocide, elle n’a pas détruit systématiquement des peuples. Nous savons aussi que contre toute attente, en Turquie c’est l’armée qui est la garante de la démocratie. A présent nous savons que c’est le candidat islamiste qui sera le garant de la laïcité de son pays. Aussi nous ne pouvons manquer de constater que cette rhétorique ne peut laisser indifférent même les plus indifférents. Ce retournement absurde des choses n’est certes pas dénué d’humour lorsque nous l’analysons avec la désinvolture qui sied. Cependant comment accepter de telles inepties lorsque autour de nous, nous ressentons la présence des victimes du génocide, lorsque nous avons des amis qui ont été maltraités par le régime militaire, lorsque nous connaissons des journalistes qui sont assassinés. Même avec humour, cette rhétorique turque est tout simplement intolérable lorsque nous connaissons les faits historiques. Seulement il faut bien se rendre compte que la réalité turque est pour ainsi dire inconnue de la plupart des gens. Aussi cette rhétorique permet de les toucher car ils n’ont pas conscience qu’elle constitue un oxymore. La réécriture de l’histoire lorsque celle-ci a été effacée ressemble étrangement à l’écriture de l’histoire. Les gens qui n’ont pas accès aux événements vivent dans une virtualité créée par la propagande turque. Sans le réaliser, ils ne réfléchissent qu’à travers le dogme turc. Ce dernier les manipule à outrance au point que les accusations d’Amnesty International ressemblent paradoxalement à un travail de propagande de la part d’extrémistes dans le domaine des droits de l’Homme. Ce qui est tout de même le comble. Lorsque l’Union Européenne montre dans son rapport sur l’état d’avancement des réformes en Turquie, que tout le système est ralenti et n’avance absolument pas selon le calendrier européen, nous entendons les plus ouverts de la population dire que nos critères sont trop durs. Lorsque nous osons parler de critères d’absorption de l’Union Européenne, nous sommes trop excessifs. Dans tous les cas ce sont toujours les autres qui sont en cause et jamais la Turquie qui se pose en victime. Or la Turquie peut tout revendiquer sauf le statut de victime. A présent, les nouvelles tentatives de la Turquie dans le domaine de la rhétorique, concernent directement la population interne. Seulement pour le système turc, il s’agit à nouveau d’un combat avec l’extérieur. Car en Turquie, même la population locale est considérée avec suspicion. En effet, malgré le travail de propagande, la Turquie sait combien sa population est hétérogène. Aussi la moindre perturbation des données sur la laïcité peut avoir des répercussions considérables. Il s’agit donc de la convaincre afin qu’elle accepte cet état de l’absurde où règne l’oxymore politique. Peu importe ce que disent les observateurs prétendument indépendants, la réalité c’est que la Turquie est en pleine crise. Ses tentatives de le cacher ne trompent que ceux qui le veulent bien mais la réalité orientale ne change pas.

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Friday, February 21, 2014

Les veilleurs d’avenir


Les veilleurs d’avenir
N. Lygeros

Si certains tentent de réécrire l’histoire
c’est qu’ils en ont oublié son contenu.
Mais c’est aussi que la culpabilité les ronge.
Ils revoient dans leurs cauchemars,
nos enfants enceintes de leur propre mort
montrant du doigt la barbarie d’un régime
qui ne connaît que la faim pour se faire aimer.
Seulement nous veillerons même démunis
à ce que l’avenir ne voit pas l’oubli du passé
mais la reconnaissance du génocide. 

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Les marques de la barbarie


Les marques de la barbarie
N. Lygeros

Ne pleure pas, mon ami,
si les marques de la barbarie
frappent à nouveau tes feuilles de pierre.
Tu les as faites à l’image de notre peuple
et elles peuvent supporter les stigmates
pour témoigner face à l’humanité.

Auparavant tu étais seulement innocent.
Désormais grâce à ton œuvre,
tu es devenu juste. 

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Thursday, February 20, 2014

Le jardin de pierre


Le jardin de pierre
N. Lygeros

Qui pouvait comprendre
combien nous aimions la douceur du tuf
sans toucher la fragilité de nos doigts?
Nous voulions laisser une marque dans la pierre
afin de transcender le génocide de la mémoire.
Seulement dans le geste de la sculpture
nous finîmes par devenir la terre de notre passé
pour traverser le temps de l’avenir. 

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La déchirure du silence


  La déchirure du silence
N. Lygeros

C’était un bruit sourd
et pourtant il déchira le silence
car c’était insupportable
de voir ces enfants si fragiles
au ventre tendu par la faim
qui dans l’espoir de mourir plus vite
contemplaient le néant de leur patrie
qui n’avait pas voulu se soumettre
au régime de la barbarie.

Alors le silence déchiré sonna la révolte. 

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Wednesday, February 19, 2014

Η φωτογραφία του μέλλοντος


Η φωτογραφία του μέλλοντος
N. Lygeros

Κοίταζες το παρελθόν
πάνω σε μια φωτογραφία
και δεν έβλεπες το μέλλον
που έδειχνε με τα ίχνη της.

Δεν μπορούσες ακόμα να φανταστείς
τη δύναμη του ανύπαρκτου λαού
που ζούσε μόνο για το μετά
και πέθαινε μόνο για το εκεί. 

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La présence du dragon


La présence du dragon
N. Lygeros

Sur la terre des pierres
le souvenir du dragon était présent.
Son souffle avait gravé la mémoire
du peuple des croix nouées.
Seulement cette fois il était revenu
appelé par la nécessité de créer.
Les hommes libres devaient livrer un combat
et il devait être à leurs côtés.
Car la présence du dragon
ressusciterait toutes les victimes
afin que les rêves barbares meurent.
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Sur la route d’antan


Sur la route d’antan
N. Lygeros

Plus nous nous enfoncions sur la route chaotique,
plus nous sentions la présence du dragon.
Il protégeait la terre et les hommes
sans rien demander en échange.
Il n’attendait plus rien
si ce n’est la vie
de son peuple. 
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Au dessus de la musique


Au dessus de la musique
N. Lygeros

Pour partager le repas,
il fallait un monde nouveau.
Alors nous écoutâmes la musique,
celle des combattants de la paix
et nous retrouvâmes grâce à elle
les instants d’antan afin d’aimer
à nouveau et une dernière fois
ce que le dragon nous avait laissé :
trois couleurs, quelques croix
et l’avenir de la mémoire. 
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Garde du corps


Garde du corps
N. Lygeros

Au milieu des innocents morts
le vishap se tient seul.
Malgré sa mort
il est aux côtés
des survivants.

Il avait promis de les protéger
même si l’ombre du papillon
ne touchait plus le front
de la liberté
de mourir. 

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Tuesday, February 18, 2014

Réflexions sur le sens du 24 Avril 1915


Réflexions sur le sens du 24 Avril 1915
N. Lygeros

La concentration de tout notre espace de réflexion sur un seul jour même si c’est le 24 Avril 1915 ne nous permet pas de comprendre la véritable dimension du génocide des Arméniens. Il est vrai que cela est dit par certaines personnes parmi les plus efficaces dans la lutte pour la reconnaissance néanmoins leurs paroles restent lettre morte aussi nous avons décidé d’aborder le problème de ce schéma mental d’une tout autre manière. Nous avons choisi le théâtre d’opérations des Balkans afin de ne pas être trop éloignés du contexte plus général. Imaginons alors que nous sachions que le 2 Janvier 1915, le grand-duc Nicolas fit appel à Kitchener et lui demanda une diversion pour alléger la pression qu’exerçait la Turquie sur les armées russes du Caucase. Certains spécialistes du génocide des Arméniens ne manqueront sans doute pas de faire le premier lien mais peu importe. Imaginons de plus que nous sachions aussi que Kitchener suggéra une démonstration navale contre les Dardanelles car il ne pouvait fournir des troupes. L’étau se resserre pour l’historien de l’époque. Imaginons enfin que nous sachions que Churchill proposa de convertir cette démonstration en une tentative pour forcer le passage. Á présent imaginons durant quelques instants que nous ne sachions pas même ces informations, comment ferions-nous pour interpréter la suivante décrite par Liddell Hart :

« Le 25 Avril, les Britanniques partis de l’extrémité méridionale de la péninsule, près du cap Hellès et de Gaba Tépé, à 15 miles environ de la côte égéenne, firent un premier bond en avant. Les Français, chargés d’opérer une diversion, débarquèrent un instant à Koum Kaleh, sur la rive d’Asie. Mais dès qu’eut fini de jouer l’atout fugitif de la surprise tactique et que les Turcs purent amener leurs réserves, les envahisseurs ne purent étendre ces précaires têtes de pont. »

Il n’est pas difficile d’imaginer que dans la configuration cognitive dans laquelle nous nous sommes consciencieusement placés, il nous est tout simplement impossible de transformer ces informations en connaissances exploitables. Ainsi nous voyons dans un contexte relatif spatialement et compatible temporellement que nous ne pouvons décontextualiser l’information sans qu’elle ne dégénère. Or c’est exactement ce que nous faisons via le confinement immémorial du 24 Avril 1915. Cette date est certes un symbole car elle est chargée d’une valeur historique et humaine, néanmoins nous devons prendre garde à ne pas transformer le rôle d’un symbole et le rendre symbolique. Car un symbole symbolique n’a plus d’impact. Sa valeur ayant disparue, il ne peut être l’élément moteur d’une cause. Aussi il devient la mémoire d’un oubli. Il est donc nécessaire de conserver un espace mémoriel plus important qu’une simple date pour lutter efficacement contre les fanatiques de l’oubli et les barbares de l’horreur. 

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Monday, February 17, 2014

Ambiguïtés révélatrices


Ambiguïtés révélatrices
N. Lygeros

Les combattants de la cause arménienne se sentent bien souvent seuls. Il faut dire que la reconnaissance du génocide des Arméniens semble soit aller de soi soit être irréaliste dans son ensemble surtout avec l’introduction de la problématique de la pénalisation. Aussi nous devons affronter une double indifférence du laisser faire avec le credo suivant : il n’y a rien à faire, rien n’est faisable. Cependant cet état de fait est généralisable à l’ensemble de la question orientale et par ce biais il met en avant des ambiguïtés révélatrices non seulement sur les positions européennes mais aussi sur les positions turques. Car nous avons à subir sur le plan diplomatique le schéma mental suivant : démocraties molles et régime dur. Il faut bien avouer que l’absence d’une constitution européenne n’aide en rien notre positionnement global en tant qu’européens. Mais il est vrai que la possibilité d’émergence d’un traité basé plus sur l’intersection européenne que l’union européenne nous permettra de nous redéployer. En attendant nous avons à faire face à un état où règnent les assassinats politiques, les assassinats religieux, les menaces de coup d’état militaire, les crises institutionnelles et l’instabilité géostratégique. La Turquie est malgré tout présentée comme un pays qui s’appuie sur trois piliers à savoir la laïcité, la démocratie et l’état de droit. Ceci a priori n’est pas négatif mais comment penser que cela soit crédible lorsque nous entendons que le garant de tout cela c’est l’armée. Quant à la mise en avant de l’islamisme modéré ou pas d’ailleurs pour crédibiliser cela, elle est complètement ridicule. Car cela fait bien des années que la Turquie joue sur les ambiguïtés. Et c’est justement cette tactique diachronique qui a posé des problèmes systématiques aux combattants de la cause arménienne. Car sur quel pied danser face à un tel oxymore qui navigue entre le paradoxe et l’absurde ? L’avantage de la clarification des enjeux et des relations, c’est que malgré les tensions créées nous analysons mieux la réalité d’un pays dont les fondements sont le génocide. La cause arménienne avance peu à peu mais de manière réelle car les démocraties réalisent de mieux en mieux la nature véritable de la Turquie. Les avancées ne sont pas dues à une meilleure compréhension de la cause arménienne mais à la pression et à la menace qu’exerce la Turquie sur l’Union Européenne. C’est aussi dans ce sens qu’agit la problématique chypriote. Car certains états-membres de l’Union Européenne sont forcés de réaliser les actes et les manoeuvres de la Turquie dans un contexte international qui n’appartient pas au passé lointain où même au passé oublié. La non-reconnaissance d’un état membre de l’Union Européenne appartient bien au présent diplomatique. Alors comment s’étonner que la Turquie ne veuille pas reconnaître le génocide des Arméniens. Ainsi les ambiguïtés révélatrices de ce pays, nous permettent de mieux imaginer si ce n’est de comprendre les atrocités du passé. La reconnaissance du caractère particulier de ce candidat à l’entrée dans l’Union Européenne crée des alliances naturelles entre certains états qui vont dans le sens de la cause arménienne. Car ces états-membres réalisent qu’il n’y a rien de faux ou d’exagéré dans la cause arménienne puisqu’ils aperçoivent désormais la raison turque.
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De la reconnaissance à la renaissance


De la reconnaissance à la renaissance
N. Lygeros

En considérant la reconnaissance d’un génocide comme une fin en soi, nous ne réalisons pas que nous agissons comme si le passé était clos. Il ne s’agit pas de classer une affaire pour employer le jargon policier. Aussi toute approche politique de ce type est nécessairement vouée à l’échec. Si de plus nous nous trouvons dans une situation semblable à celle du génocide des Arméniens, à savoir une occupation du territoire des génocidés alors cette tactique devient catastrophique. Ainsi l’utilisation de celle-ci ne doit être analysée que comme un prétexte pour occuper le terrain sans volonté réelle de changer la situation. Au contraire cette situation permet de donner une assise à des activités que ne pourraient être justifiées autrement. Nous devons donc être vigilants dans la constitution du noyau de la résistance. Car les génocideurs font exactement la même analyse et se rendent compte ainsi de la faiblesse de la résistance de leur adversaire. Et ils ne changent donc pas de méthode. Il s’agit donc pour nous de mettre en avant le fait que la reconnaissance en tant qu’initialisation du processus de réparation permet la véritable renaissance d’un peuple dont les droits de l’homme ont été si longtemps bafoués. Le peuple dont le génocide a été reconnu, peut retrouver sa mémoire. Ce n’est pas qu’il ait lui-même subi une amnésie. Mais celle-ci a bien été vécue par son environnement. La renaissance n’a pas un caractère réflexif. Elle provient avant tout de l’observateur et non de l’observé. Celui qui croyait qu’un peuple avait été rayé de la carte peut enfin comprendre qu’il existe malgré tout, qu’il ne se contente pas de survivre mais que de plus il peut à nouveau créer et faire partager sa culture et son patrimoine. Ainsi le peuple arménien n’est pas seulement un peuple victime d’un génocide commis par la Turquie. L’Arménie n’est pas seulement un territoire occupé. Si un génocide a été commis c’est que sa culture et son patrimoine dérangeaient les fanatiques de l’oubli. Un peuple qui a été victime d’un génocide, est un cadeau pour l’humanité car malgré le crime qui a été commis contre elle, grâce à la survie de ce peuple, elle a pu le dépasser et le transcender sa propre identité. Une victime qui ne parvient à dépasser le crime de l’horreur par la grandeur de sa résistance, ne réalise pas seulement une reconnaissance mais une véritable renaissance. La résistance n’est pas uniquement un acte réactif, elle permet l’activation d’une conscience de soi. Enfin, elle offre l’opportunité de créer un impact chez autrui, aussi elle peut transformer un milieu indifférent envers une cause, en une force humaine. Car les droits de l’homme naissent des combats que nous faisons pour les conserver et surtout les acquérir. La reconnaissance, si elle est conçue mentalement comme une première étape, devient un élément moteur qui ne conduit pas seulement au processus de réparation mais à la reconnaissance du peuple. Il faut enfin remarquer que cette renaissance n’est pas non plus une résurrection car le peuple n’était pas mort. Ce sont bien les résistants et les guerriers de la paix qui parviennent à ce résultat. Ce n’est donc pas une croyance ou un credo mais une nécessité d’humanité.

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Saturday, February 15, 2014

Le regard du tigre


Le regard du tigre
N. Lygeros

Au delà de la cage de la captivité,
le regard du tigre blessait la forêt.
Il ne savait pleurer sur son sort,
il se contentait de dépecer la mort.
Prêt à surgir à la moindre erreur,
il ne craignait rien si ce n’était
de vivre dans l’oubli du dragon.
Seulement celui-ci était déjà là.
Il serait libre ou mort avant
de vivre la prochaine aube.

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Initiation au génocide


Initiation au génocide
N. Lygeros


Ne courbe pas la tête,
regarde l’ennemi en face,
ne quitte pas ses yeux
même s’il te tranche la tête.
Ta mort n’est qu’une condamnation,
son sort, une malédiction.
Il devra vivre avec l’humanité
de ton regard d’innocent
et cela aucune barbarie ne le supporte.
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Thursday, February 13, 2014

Sur le partitionnement artificiel du génocide


Sur le partitionnement artificiel du génocide
N. Lygeros

La recherche des responsables d’un génocide incite parfois les victimes ou plutôt les survivants à adopter des stratégies inefficaces en raison de leur exaspération devant la lenteur des condamnations. Une de ces stratégies inefficaces consiste à partitionner le génocide de manière à affecter un coefficient à chaque partie afin de mettre en avant le pire des bourreaux. L’inconvénient de cette approche, c’est qu’elle décontextualise la partie de l’ensemble du génocide. Ses partisans répondront sans doute que seule cette partie constitue le véritable génocide sans se rendre compte que de cette manière, la notion de génocide dégénère. Pourtant la problématique et la méthodologie de Staton existent. Les huit phases d’un processus génocidaire permettent de mieux appréhender ce crime contre l’humanité mais aussi d’exploiter ses caractéristiques pour sa reconnaissance. Nous avons à traiter un problème holistique aussi toute méthodologie réductionniste est vouée à l’échec, et ce, par définition. Un autre inconvénient de la méthode de partitionnement du génocide, c’est de laisser croire ses tenants qu’une approche globale diminuerait le rôle et l’impact de chacun. Or c’est précisément cette technique qui est exploitée par des fanatiques de l’oubli lorsqu’ils veulent nier l’existence du génocide. Ils se contentent d’appliquer plus en profondeur cette méthode de manière à obtenir un partitionnement plus fin. Ainsi le coefficient de chacun de ses responsables de ce crime contre l’humanité est tellement minime qu’il ne permet pas l’établissement d’un acte d’accusation. Aussi les responsables ne sont plus coupables. Un génocide ne peut être partitionné. C’est un processus global car il est analogue à ce que nous nommons en stratégie une guerre totale. Bien sûr, il ne s’effectue pas dans les mêmes conditions mais il a essentiellement le même but. Il est la résultante d’un ensemble de dispositifs qui vont tous dans le même sens, à savoir la destruction systématique d’un peuple. Seulement, il ne faut pas se leurrer, cette destruction ne vise pas seulement les hommes, mais aussi leur mémoire et plus généralement tout ce qui représente leur culture. Nous devons donc être plus attentifs au moindre signe qui annonce des tentatives qui vont dans le sens de cette horrible entreprise. La réduire simplement à la phase de l’élimination ne permet ni de la comprendre, ni de lutter efficacement contre elle quant au problème de la reconnaissance. Enfin, le dernier problème du partitionnement artificiel du génocide, c’est de remettre en question la possibilité même d’une pénalisation car le spectre de cette dernière est si restreint par cette approche qu’il en perd sa valeur intrinsèque. Et ceci le transforme non seulement en un outil inefficace mais surtout en un outil qui n’a pas lieu d’être. Or nous savons combien la pénalisation est une étape importante dans le processus de réparation qui est la seule réponse à l’ampleur du génocide. Remettre en cause la validité et l’efficacité de la pénalisation revient à remettre en cause l’ensemble du processus de réparation. Il ne s’agit donc pas d’une simple erreur méthodologique que de partitionner le génocide mais d’une véritable erreur stratégique qui a des conséquences sur l’ensemble de la lutte des guerriers de la paix. 


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Négociations utopiques


Négociations utopiques
N. Lygeros

Certains Arméniens sont tellement persuadés de n’être que des victimes qu’ils ne peuvent réaliser leur propre victoire. L’existence des territoires libérés n’est pas une hypothèse de travail mais un fait incontestable. Et il n’est pas nécessaire d’être stratégiste pour réaliser leur importance vis-à-vis de l’Arménie. Il ne s’agit pas simplement d’une double enclave comme nous pourrions le penser au premier abord. C’est un dipôle organique et une stratégie à deux piliers. Au-delà du pont aérien, la liaison est réelle et non formelle. Elle permet de plus de démontrer que même au sein des mouvements tectoniques sur le plan géostratégique de la région, il est possible non seulement de résister mais aussi de créer. Ceci s’explique par le fait que nous sommes dans une région hors équilibre, pour emprunter la terminologie de Prigogine. Aussi il est possible de créer des enclaves à entropie négative. Ces structures peuvent de plus être robustes c’est-à-dire résistantes aux attaques extérieures. Le problème n’est donc pas une question de faiblesse. Le Haut-Karabagh n’est pas un point faible de l’Arménie mais un véritable bouclier tactique. C’est un point d’appui qui ne peut et ne doit être abandonné. Aussi les négociations sur ce point sont tout simplement utopiques si ce n’est absurdes. La perte des territoires libérés n’est pas seulement un sacrifice pour la stabilité. C’est un véritable échec stratégique. Car la reconfiguration des frontières ne permet pas un redéploiement effectif des forces arméniennes. Au contraire, elle les fragilise car les positions à tenir deviennent littéralement irréalistes. Mais le point sans doute le plus important c’est que nous offrons à l’ennemi, l’occasion de redisposer ses forces de manière plus efficace et surtout plus agressive vis-à-vis de l’Arménie. Alors que nous sommes en présence d’un dogme stratégique unifié, sous prétexte de stabilité de la région, nous voulons le remettre en cause. Seulement la dégénérescence de cette structure n’est pas uniquement une faille dans le système de défense arménien mais un véritable renforcement de l’alliance azéri-turque. La stabilité provient d’un principe auto-bloquant dans la région et n’est pas sous-jacente à la perte des territoires libérés. Nous devrions donc plus nous intéressés au statut des territoires occupés que de cette perte. Car l’existence même des territoires libérés permet de prouver de facto que les territoires occupés ne sont pas une condamnation inexorable. Faudra-t-il attendre l’existence officielle du Kurdistan pour que certains Arméniens comprennent enfin que l’impensable est réalisable ? Ou diront-ils encore que la situation n’est pas comparable ? Comment leur faire comprendre que la survie au génocide est la preuve la plus éclatante que le peuple arménien n’est pas condamné à être une victime éternelle ? Ce moyen existe et c’est la conservation des territoires libérés dans la pensée stratégique arménienne.

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Wednesday, February 12, 2014

Ημερίδα: Αρμενία - Αρτσάχ: ένας λαός, ένας αγώνας

Ημερίδα
Αρμενία - Αρτσάχ:
ένας λαός, ένας αγώνας

Τετάρτη 26 Φεβρουαρίου 2014, ώρα 17:30

Αθήνα, αίθουσα Ν. Κ. Κωνσταντινουπολιτών Δ. Σούτσου 46, Στάση μετρό <<Αμπελόκηποι>>.

Ημερίδα: Αρμενία - Αρτσάχ: ένας λαός, ένας αγώνας.

Σύλλογος Ελληνοαρμενικής φιλίας.

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La négation de face


La négation de face
N. Lygeros

Il est rare de voir
la négation de face.
Sournoise, elle louvoie
à travers les esprits
sans se montrer.
Alors quand nous avons
la chance de la voir
il faut en profiter
car nous devrons lutter
contre son œuvre. 

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La grandeur d’Eugénie


La grandeur d’Eugénie
N. Lygeros

Elle n’avait jamais eu le ventre rond.
Elle était née trop tard pour cela.
Pourtant ses souvenirs avaient été blessés.
Née après la mort, elle devait vivre,
malgré tout, malgré ceux qui la haïssaient.
Ses recherches quotidiennes n’avaient qu’un but :
La reconnaissance des ventres ronds.
C’est dans la misère de la société
que la grandeur d’Eugénie naquit. 

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La société de la lâcheté


La société de la lâcheté
N. Lygeros

Nous acceptons l’existence des génocides
mais nous sommes toujours aussi racistes
envers les mêmes peuples avec la même haine
car la société de l’oubli nous enseigne
les mêmes sentiments d’horreur.
Nous pensons que ces peuples sont des victimes
car ils sont nés sans force de vaincre.
Nous ne supportons pas leur faiblesse
parce qu’elle nous rappelle la nôtre.
Aussi nous les oublions en faisant de notre mieux
grâce à l’aumône de notre racisme. 

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La nonchalance des bras tatoués


La nonchalance des bras tatoués
N. Lygeros

En examinant les images du passé
où ne dominent que le noir et blanc,
nous sommes surpris par la nonchalance
des êtres condamnés par l’époque
des régimes de la barbarie.
Ils sourient comme si de rien n’était,
ils persistent à vivre dans la mort
malgré les horreurs de la société
et la dureté de l’histoire barbare
même lorsqu’ils deviennent des bras tatoués.

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Les petites choses


Les petites choses
N. Lygeros

Dans la vie quotidienne de l’oubli,
nous n’accordons guère d’importance
aux petites choses qui nous rendent humains.
Nous sommes persuadés de faire l’essentiel
mais sans réaliser sa futilité
et son insuffisance à mourir pour les autres.
Nous ne prenons conscience de notre état
que lorsque nous affrontons un génocide
qui tente d’effacer à jamais les petites choses.

Car les petites choses ce sont les hommes.
Tout système barbare le connaît.
Tandis qu’il nous faut la résistance pour le comprendre. 

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Monday, February 10, 2014

Ψηλά τα χέρια


Ψηλά τα χέρια
N. Lygeros


Οι αθώοι είχαν ψηλά τα χέρια.
Οι βάρβαροι τούς είχαν σταυρώσει
πάνω στο αόρατο ξύλο
και κανείς δεν έβλεπε
το μαρτύριο της γενοκτονίας.
Έπεφταν νεκροί πάνω στη γη
από το βάρος του σταυρού
όμως όλοι πίστευαν ότι ήταν από κούραση.
Οι αθώοι πέθαιναν αόρατοι
για την κοινωνία της λήθης. 

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Une question d’humanité


Une question d’humanité
N. Lygeros

Pourquoi devrais-je mourir
un million et demi de fois
pour vivre en paix ?

Pourquoi devrais-je vivre
un millions et demi de fois
pour mourir en paix ?

Car tu es mon humanité. 

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Γενοκτονώ άρα υπάρχω


Γενοκτονώ άρα υπάρχω
N. Lygeros
Je génocide donc j'existe. (poème).

Κάθε κράτος έχει ένα μότο
που δείχνει στα άλλα τι εστί.
Διαβάσαμε για αρχαίους λαούς
και ξεχασμένους πολιτισμούς
όμως ποτέ δεν βρήκαμε
εκείνες τις λέξεις που μας γέμισαν με τρόμο
παρά μόνο εκεί που δεν υπάρχει πια
η αθωότητα των θυμάτων
και ο ήλιος της δικαιοσύνης. 

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Το κόστος της μνήμης


Το κόστος της μνήμης
N. Lygeros

Ποιος πιστεύει στην αξία της μνήμης
σε μια κοινωνία της λήθης;
Μόνο οι άνθρωποι.
Ποιος έχει τη δύναμη του παρελθόντος
σε μία κοινωνία που δεν έχει μέλλον;
Μόνο οι νεκροί.
Ποιος μπορεί να γράψει την ιστορία
σε μία κοινωνία που διαγράφει τα πάντα;
Μόνο οι αγέννητοι.

Μπορούν όλοι όμως να καταλάβουν το κόστος
με την ποινικοποίηση της μη αναγνώρισης. 

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Sunday, February 9, 2014

De la psychologie du combat à la défense des droits de l’homme


De la psychologie du combat à la défense des droits de l’homme
N. Lygeros

Dans le domaine de la stratégie, nous savons combien la psychologie du combat est importante même si celle-ci est par nature controversée. Pourtant le résultat des recherches dans ce domaine, n’est absolument pas utilisé par les défenseurs des droits de l’homme. De manière plus spécifique, les survivants ne subissent que les conséquences de la psychologie du combat. Aussi ils ont une tendance naturelle à les répercuter sur leurs enfants et plus généralement leurs descendants. Car un homme selon la psychologie du combat regorge de peur. Ainsi dans le cas d’un génocide, nous avons une amplification des capacités de l’ennemi qui est en l’occurrence un bourreau. L’erreur commise consiste à transposer des structures propres au combat et plus généralement à la guerre alors que les bourreaux exploitent le fait que la résistance des victimes n’était pas organisée face à une destruction systématique. Les bourreaux exploitent de plus le concept de guerre totale sans l’existence d’un ennemi, au sens militaire du terme. En psychologie du combat, nous savons depuis longtemps que le soldat doit être sans cesse occupé afin d’éviter qu’il soit victime de sa propre peur et surtout qu’il ne la communique à ses combattants. Le problème intrinsèque des descendants des survivants du génocide c’est qu’ils ont rarement l’occasion de s’occuper de manière effective. Ainsi ils représentent un milieu excellent pour la propagation de la peur. De plus, comme ils subissent aussi le génocide de la mémoire, la propagation devient une véritable contamination. En psychologie du combat, le soldat est sollicité par ses instructions à activer ses armes offensives. Il garde une certaine forme d’initiative qui est la plupart du temps absente dans le milieu d’un peuple génocidé. L’absence d’une organisation claire et efficace ne permet pas de hiérarchisation conceptuelle. Pour ceux de nos lecteurs qui ne sont pas encore convaincus, nous leur demandons de rechercher dans la lutte contre un génocide l’équivalent des notions de duel, action, engagement, bataille, campagne et guerre. La problématique que nous mettons en évidence c’est que l’appareil étatique qui a mis en place le génocide, ne se contente pas d’être passif. Il suffit pour s’en rendre compte d’associer aux outils que sont la peinture, la musique, le rythme, les sonneries, les clameurs, les uniformes, les équivalents dans une manifestation qui va à l’encontre de la reconnaissance. Pour les Arméniens il suffit de se souvenir des manifestations turques et de la taille de leurs drapeaux ainsi que des cris scandés. Pour le régime turc il s’agit d’une véritable guerre, le génocide de l’oubli, et il utilise naturellement tout l’arsenal qu’il a à sa disposition. Il est donc nécessaire pour les défenseurs des droits de l’homme d’être au minimum au courant des techniques employées afin de non seulement résister mais prendre aussi l’initiative sur certains points spécifiques. Car il ne suffit pas de défendre une cause juste pour être efficace. Il faut aussi être efficace à l’encontre des bourreaux et ceci présuppose des connaissances élémentaires dans la psychologie du combat.

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La misère des victimes


La misère des victimes
N. Lygeros

Il n’y avait aucune révolte parmi nous
tout au plus une résignation.
Nous n’avions pas choisi de vivre
alors pourquoi choisir de mourir ?
Dans l’attente du néant,
nous étions démunis de tout
alors pourquoi attendre plus ?
Misérables dans un système qui ne voulait de nous
nous n’avions plus aucun espoir.
Et pourtant certains d’entre nous
décidèrent de lutter
mais nous n’avons jamais su pourquoi.

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Saturday, February 8, 2014

Génocide et guerre totale


Génocide et guerre totale
N. Lygeros

Même si les notions de génocide et de guerre totale sont clairement définies dans les domaines, respectivement, des droits de l’homme et de la stratégie, nous n’analysons point leurs principes non seulement convergents mais bien souvent identiques. Certes la notion de génocide a été dégagée de tout contexte de guerre afin d’éviter des confusions sur le plan du droit international. Néanmoins, cela ne veut pas dire pour autant que nous n’avons pas d’éléments structurels communs. Pour le constater, il suffit de lire un fascicule publié en 1902 par le Grand État-Major allemand et intitulé Les lois de la guerre continentale.

« Une guerre énergiquement conduite ne peut pas être uniquement dirigée contre l’ennemi combattant et ses dispositifs de défense mais elle tendra et devra tendre également à la destruction de ses ressources matérielles et morales. Les considérations humanitaires telles que les aménagements relatifs aux personnes et aux biens ne peuvent faire question que si la nature et le but de la guerre s’en accommodent. »

En plaçant cette formulation à l’interface de la guerre totale et du génocide, nous voyons qu’il est extrêmement difficile d’établir une frontière sur le plan fonctionnel. Une guerre totale peut naturellement et ce, même du point de vue polémologique, se transformer en génocide. Cela ne signifie pas pour autant qu’il s’agisse d’un prétexte pour les génocideurs. Le caractère systématique du génocide est certainement un point commun avec la notion de guerre totale. Et il est vrai que les génocideurs tentent toujours d’appliquer la stratégie fallacieuse qui consiste à présenter le génocide comme une simple guerre. Afin de les contrer efficacement, il est nécessaire d’ajouter le qualificatif de totale au mot guerre car nous faisons ainsi l’acquisition du caractère systématique qui est une caractéristique nécessaire pour la notion de génocide telle qu’elle est définie par le droit international. L’efficacité du génocide provient de la mise en place de schémas qui sont propres à la guerre totale avec en plus le bénéfice d’être applicable à une population civile non armée. Alors que les défenseurs classiques des droits de l’homme qui n’ont pas conscience de leur rôle de guerriers de la paix, se contentent d’une voie juridique qui ne peut affronter efficacement le génocide. Ceci s’explique habituellement par le fait que l’œuvre des défenseurs des droits de l’homme se situe dans l’a posteriori du génocide. Mais cette excuse est dénuée de sens. Car les génocideurs travaillent dans l’a priori. Sans lutte sur le même contexte, nous ne pouvons obtenir que des résultats partiels et indirects. Ne pas voir que les génocides sont entrepris comme des guerres totales, sur le plan stratégique, c’est se refuser à utiliser des outils polémologiques pour lutter et résister avec efficience contre ceux qui veulent poursuivre le génocide à travers le génocide de la mémoire qui consiste à effacer toutes les traces du crime contre l’humanité. Nous devons nous battre, mais nous devons nous donner les moyens de le faire efficacement. 

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Examen de conscience

 Examen de conscience
N. Lygeros

A travers la chambre du soleil,
à l’ombre des évènements,
nous examinions des dossiers du passé
pour déceler le moindre indice
capable de condamner la barbarie.

Nous entendions les enfants jouer
insouciants, libres et innocents,
en imaginant ceux d’antan
qui avaient eu leur vie déchirée
car ils avaient commis l’erreur de naître.

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Friday, February 7, 2014

Existence interdite


Existence interdite
N. Lygeros

Nous ne disions rien
car il fallait se taire.
Ils ne devaient pas nous entendre.
Notre existence avait été interdite.

Nous étions des bougies
qui ne pouvaient s’allumer.
La barbarie ne supportait la lumière.
Notre mémoire de cire s’était pétrifiée.

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Dialogue asocial


Dialogue asocial
N. Lygeros

- Quand cesseras-tu d’écouter ces chansons ?
- Quand le monde deviendra réel.
- Il ne changera pas.
- Nous continuerons néanmoins à créer.
- La société n’a que faire de cela.
- Nous ne le faisons pas pour elle.
- Pour qui alors ?
- Pour l’humanité. Seulement pour l’humanité.
- C’est une abstraction.
- Cela ne signifie pas qu’elle soit un non sens.
- C’est vrai mais est-ce utile ?
- Qu’importe l’utile !
- Mais alors ?
- Le beau suffit !
- A qui ?
- Au vrai.
- Comment peux-tu penser être dans le vrai ?
- Car je n’appartiens pas à la societé du bonheur.
- Il n’en existe pas d’autre.
- Je le sais bien.
- Je ne saisis pas ta question.
- C’est celle de la résistance.
- Contre qui ?
- Le rire de dieu.
- Tu es complètement ivre.
- J’ai bu trop de silence.
- Tu en as perdu la tête.
- Mais pas la parole !
- Qu’insinues-tu ?
- Je pense qu’il devrait avoir des remords.
- Pourquoi ?
- Face au génocide.
- Quel génocide ? Le temps efface tout.
- Le temps n’efface rien, ce sont les gens qui oublient.
- Ne parle pas de mémoire.
- Car elle est interdite par la société ?
- Prière de ne pas déranger...
- Exactement !
- Ne compte pas sur moi.
- Tu seras condamné.
- Je suis né ainsi. Condamné à vivre. Aussi je ne crains pas de vivre pour être condamné. 

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L’essence de l’instant


L’essence de l’instant
N. Lygeros

Comment vivre malgré les défaites ?
Comment supporter les génocides ?
Sans sombrer dans l’indifférence.
Sans se noyer dans la bêtise.
Il suffit de voir un ami pleurer.
Sans comprendre, nous reprenons le dessus.
Sans le saisir, nous ne pouvons l’abandonner.
Comment aimer l’humanité ?
Comment mourir malgré les victoires ? 

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Thursday, February 6, 2014

Les mots arméniens


Les mots arméniens
N. Lygeros

S’il fallait expliquer l’importance de la langue arménienne
quelques mots à peine suffiraient.
Il faudrait dire que l’emploi de sept mots était un blasphème,
il faudrait parler de l’institutrice à la langue coupée
il faudrait se taire pour que les hommes entendent
le cri d’une bouche ouverte sans langue.


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La lenteur de la famine


La lenteur de la famine
N. Lygeros

Nous ne savions pas mourir.
Ainsi notre bourreau a choisi la famine
pour améliorer le rendement de la machine barbare.
Seulement la famine est une mort lente.
Aussi nous avons eu le temps de préparer notre mémoire.
Nous ne cherchons pas à nous venger.
La vengeance est un plat qui se mange froid.
Et nous n’avions rien à manger.
Nous ne désirons que la justice
même si nous devons apprendre à vivre. 
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Wednesday, February 5, 2014

Barbarie turque


Barbarie turque
N. Lygeros

La barbarie turque s’est abattue sur trois hommes
car elle s’est sentie menacée par l’évangile.
Heureusement pour la survie de la laïcité
les chrétiens ont été torturés, lacérés et égorgés.

La barbarie turque est rassurée à nouveau
car la relève est assurée grâce au tranchant
qui avait massacré les Arméniens et les Grecs
car personne n’ose pénaliser cette démocratie.
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Genocide versus disinformation.


Genocide versus disinformation.
N. Lygeros

L’un des problèmes fondamentaux des défenseurs des droits de l’homme dans le cadre de la lutte pour la reconnaissance d’un génocide et encore plus dans celui de la pénalisation de la non reconnaissance, c’est la désinformation. Celle-ci peut être passive ou active, défensive ou agressive. Dans tous les cas, la désinformation impose une méthodologie. Aucune sensiblerie n’est de mise, pas même une forme implicite de sensibilisme. Ceci est évidemment très difficile pour les familles et les proches de victimes et ce, d’autant plus qu’il s’agit de survivants dans le cas d’un génocide. Nous devons aussi être conscients que tous les faits produits seront contrôlés à nouveau par la désinformation afin de s’en servir comme plate-forme de propagande. Il est donc nécessaire de réduire les éléments apportés à l’accusation de génocide et plus généralement de crime contre l’humanité, à un noyau irréductible, en d’autres termes incontestable. Ceci présuppose un choix des affaires à conduire.

Afin, d’être concrets, dans un cadre plus large qui n’appartient pas à celui du génocide, nous pouvons traiter le cas des disparus de Chypre. Pendant des années, les gouvernements successifs de la Turquie ont refusé l’existence même des 1619 disparus. Lorsque nous avons eu à traiter certains de ces cas pour la Cour Européenne des Droits de l’Homme, nous sommes entrés en relation avec la commission des disparus chypriotes. A la suite de cette rencontre, nous avons choisi uniquement 700 cas à traiter. Cela ne signifie pas pour autant que les autres cas n’existent pas. Seulement pour les 700 cas, nous étions capables de fournir toutes les preuves nécessaires pour démontrer la culpabilité de l’armée turque quant à la disparition de ces personnes. L’inconvénient de cette méthode, c’est que certaines familles chypriotes peuvent avoir l’impression que nous ne défendons pas leur cas. L’avantage c’est que le choix effectué a permis la réalisation d’un noyau incontestable qui n’offre aucune prise à la désinformation turque. Aussi la culpabilité de la Turquie a pu être démontrée de manière efficace.

Il est certes difficile de mettre en place des tactiques analogues dans le cadre du génocide qui est avant tout un évènement global. Cependant même un génocide peut être analysé, soit dans un champ temporel, soit dans un champ géostratégique. Il est alors possible de mettre en évidence des regroupements judicieux de cas incontestables de manière à constituer non plus un noyau, mais un réseau multilocal capable d’affronter le processus de désinformation. Car la désinformation se base essentiellement sur l’adage populaire à savoir, semer le doute, il en restera toujours quelque chose. Pour les défenseurs des droits de l’homme, il s’agit de jouer en contrepoint par rapport à cela i.e. sauvegarder l’essentiel de l’information afin qu’il en reste toujours assez pour accuser les bourreaux.

Pour toute reconnaissance, l’appareil en place, le continuateur du génocide, le responsable du génocide de la mémoire, tentera toujours de minimiser l’envergure de notre action, en réduisant certains arguments à néant, en effaçant les traces, en contestant les chefs d’accusation. Dans tous les cas nous devons résister, garder en tête l’action des justes et ne jamais oublier que sans efficacité même les victimes peuvent disparaître.

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